Journée de conférences pour l’USH Franche Comté et Bourgogne
Urbitat mandataire avec Marc Dauber, François Haton, Jean Charles Jacques & André Erwin Faure (Archis et Urbas)
La recomposition de la ville par la trame foncière comme outil
L’organisation et le découpage des parcelles le long des voies trouvent leur cohérence avec l’implantation des différents bâtiments. Cependant, les constructions selon leur usage (habitat, équipement, commerces…) ne demandent pas les mêmes tènements, ni les mêmes rapports à l’espace public. De leur position au sein de la parcelle (en profondeur, en bordure, au centre…) et de leur rapport à la rue, dépendra, bien sûr, la qualité des îlots. Cela contribuera à l’agrément, la sécurité, l’efficacité solaire, le rendement économique et le sentiment d’urbanité partagée. C’est le rôle de la composition urbaine que de faire de l’espace urbain, agréable, propre à des vécus différents sans (trop) de conflits, sans gâchis de moyens et d’espaces, tout en préparant une mutabilité ultérieure.
L’enjeu est d’autant plus important aujourd’hui que la politique de rénovation urbaine vise à recomposer profondément des morceaux de ville, en modifiant les principes d’organisation de l’espace et du bâti qui ont présidé à la construction des quartiers d’habitat social.
A.
L’insertion du quartier dans l’urbain
Donner à un quartier une fonction dans la ville, c’est contribuer à réinscrire ses habitants dans les dynamiques urbaines. Recomposer un quartier, c’est aussi tisser des liens avec ses voisins, fabriquer des continuités de tissus, greffer les maillages des uns sur les autres, chercher une cohérence de formes urbaines, architecturales et paysagères. La valorisation des franges et des interfaces (activités, temps ou espaces) participe également pleinement à la requalification du quartier. C’est un travail de subtilité qui doit succéder à une approche fonctionnelle.
Densité urbaine et habitat
La notion de densité est complexe et ambiguë : les attentes exprimées à l’égard de l’habitat et les perceptions de la densité rendent compte d’un désir paradoxal d’intimité et de vivre ensemble. La densité objective, justement calculée à partir de bases chiffrées, est souvent bien différente de la densité ressentie car la perception des densités par les habitants ne correspond souvent pas aux densités réelles. Cependant, entre le lotissement et la « forêt » de tours, il existe mille variétés de villes, plus ou moins denses mais toujours éprouvées.
Des repères doivent donc être donnés pour mieux apprécier la notion de densité et pour reconsidérer nos pratiques. Ils sont d’autant plus nécessaires qu’il faudra sans doute gérer demain des villes plus denses, notamment pour une meilleure maîtrise de la consommation de l’espace et du foncier, en réponse à la poursuite de l’expansion périurbaine aux confins de la majeure partie des agglomérations. La question de la densité doit également être abordée dans le cas du « recyclage » des grands ensembles.
Enfin, à titre d’illustration, l’habitat intermédiaire, sans être une solution miracle, peut représenter un excellent vecteur pour repenser notre production et infléchir sagement le gâchis d’espace urbanisable.
L’habitat intermédiaire en Centre-Est
L’habitat intermédiaire est un outil urbain à promouvoir, notamment dans les opérations de renouvellement urbain. Il constitue une solution alternative en terme de logement, appréciée par les habitants : il propose en effet un compromis entre vie collective résidentielle et sentiment d’intimité, celui-ci étant induit par le rapport individuel au sol de ce type d’habitat, tout en privilégiant l’attractivité des prolongements extérieurs (jardin, terrasse…).
Dépassant le “produit” immobilier et la niche de financement, c’est simultanément un nouvel art de vivre la ville et une posture de conception qui réforme les pratiques. Si le résultat est quasiment assuré de succès, le processus de mise en oeuvre est exigeant mais riche d’enseignements.